M

Les Incontournables du Nord de la Martinique

Hébergements locatifs

Découvrez des hébergements authentiques qui marient le charme local et le confort moderne.

Activités

Partez à la découverte de paysages époustouflants et d’expériences authentiques en plein air.

Fêtes et Manifestations

Plongez dans une ambiance chaleureuse et colorée lors d’événements traditionnels et modernes.

Une journée avec … Albert

Aujourd’hui c’est dimanche et pourtant, Albert se lève au « pipiri chantant ».

Il s’active çà et là, se prépare, s’habille mais, sa tenue n’est pas choisie au hasard : T-shirt synthétique respirant, pantalon cargo, chaussures fermées montantes, étanches avec semelle antidérapante, bref, la tenue type du guide de randonnée pédestre.

En effet, c’est son métier et dans un peu plus d’une heure, il a rendez-vous avec un groupe de 15 personnes pour les accompagner sur la Trace des Jésuites.

Il lui reste tout juste le temps de prendre un bon petit déjeuner pour s’assurer un apport en énergie et nutriments suffisant pendant l’effort.

Ça y est, il enfile son couvre-chef, embarque son sac, son coutelas et direction le Gros Morne au départ du circuit.

Une demi-heure après son arrivée, c’est au tour du bus qui emmène le groupe de marcheurs de se garer le long de la D1. Notre guide est là, prêt à les accueillir à la descente du bus. Il donne au chauffeur rendez-vous dans environ 3h au Morne Rouge, là où se termine le parcours. Cela évitera un aller-retour vu que le circuit n’est pas en boucle.

Une fois que c’est fait, les choses sérieuses commencent avec la prise en main du groupe : accueil, rappel du programme et des caractéristiques du circuit, sensibilisation au respect et à la protection de l’environnement, vérification de l’équipement de chacun, rappel de certaines règles de sécurité, …

Albert gardera un œil sur les deux qui n’ont pas mangé ce matin, même s’ils ont pris de quoi grignoter dans leur sac. On ne sait jamais.

Mais pour l’heure, c’est échauffement pour tout le monde ! Il faut dire que sur ce sentier de niveau 2, soit ça descend, soit ça monte. Quelques mouvements pour les articulations et un peu de cardio sont donc indispensables pour que le corps soit en état de produire un effort sans blessure.

Dernière précaution : étant donné la taille du groupe un second guide n’est pas nécessaire pour l’encadrement en revanche, Albert a besoin d’un serre-file. Il demande à Philippe de jouer ce rôle car avec sa stature et son vêtement visible de loin, il sera parfait.

Top départ ! Sans transition, on quitte les abords de la route, qui en fait annonçaient déjà la couleur, et on entre dans le vif du sujet, au cœur de la forêt tropicale humide en plein cœur du territoire récemment inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO. Du vert, partout du vert. On dirait que toutes les nuances sont au rendez-vous, avec une touche de couleur chaude de temps à autre. Une immersion totale en pleine nature.

Les randonneurs du jour sont ravis, ils voulaient justement se déconnecter de leur quotidien urbain et stressant à bien des égards.

De kilomètres en kilomètres Albert partage avec eux ses connaissances sur l’histoire rattachée au sentier et les espèces rencontrées (bois canon, fougère arborescente, balisier, matoutou falaise, guêpe des bois, …).

Il les exhorte également à se ravitailler en eau, barres énergétiques ou fruits secs car mine de rien, ça carbure !

Quelques étourdis n’ont pas pris avec eux le nécessaire.

Heureusement, c’est un professionnel qui est à la tête du groupe et en tant que tel, il a tout prévu dans son sac pour sa survie mais aussi celle de son groupe : eau, produits énergétiques en quantité (en fonction du nombre de personnes), une pharmacie avec sérum physiologique, antiseptique, couverture de survie, bombe de froid, bandage, … ainsi que 25m de cordage utile pour remonter un individu en cas de chute par exemple, un coutelas, un talkie-walkie et tout ce qui lui semble important.

Tout cela pour un total d’environ 20kg.

N’oublions pas qu’il évolue dans milieu sauvage, potentiellement hostile et que des vies sont entre ses mains !

Grosse responsabilité mais, avec une solide formation et plus de 20 ans d’expérience dans ce domaine, malgré quelques appréhensions de temps en temps liées à des conditions difficiles, Albert est serein car en mesure de parer à toute éventualité.

A quelques mètres devant, la rivière du Lorrain s’écoule paisiblement sous un pont de singe installé pour une traversée à pied sec.

La météo a tenu ses promesses et le ciel est dégagée du côté des pitons et de la Pelée. Tout va bien.

La petite troupe s’engage alors sur le pont suspendu tout en profitant du bruit relaxant de l’eau. A la sortie, l’animateur de randonnée propose un petit détour en aval du lit de la rivière.

Là se cachent des bassins d’eau turquoise d’une beauté époustouflante. Pas de baignade pour cette fois car le groupe a déjà prévu un bain de mer plus tard dans la journée. Sans compter qu’il aurait fallu des compétences supplémentaires en matière d’encadrement pour une sécurité optimale.

Cela dit, personne ne repart sans avoir pris un selfie dans ce petit coin de paradis !

Après cette découverte agrémentée d’explications sur les différents types de rivières, les précautions à prendre etc., les marcheurs sont comme revigorés.

Et c’est avec les étoiles encore plein les yeux qu’ils avalent les derniers kilomètres jusqu’à l’arrivée, sans sourciller. Et pourtant, c’était une côte !

Le bus les attend déjà. Mais Albert tient à faire une petite séance d’étirements notamment pour favoriser la récupération. Il passe ensuite au bilan, s’inquiétant de l’état physique de chacun, de leur satisfaction, répond aux éventuelles questions et pour finir prodigue quelques conseils sur les apports nutritionnels après cet effort. Il est 11h quand il prend congé de son groupe. Un ami l’attend pour le ramener à sa voiture. Il rentre donc pour s’accorder un repos bien mérité.

Comment ? Sa journée est déjà terminée ? Eh bien oui, mais ne vous méprenez pas, ces quelques heures de travail ne sont que le sommet de l’iceberg. Une excursion comme celle-là se prépare entre 15 jours et 3 semaines en amont : réception de la demande, identification du profil du groupe (âge, condition physique, …). Si c’est un itinéraire sur mesure, il faut le créer sur carte numérique afin de connaître ses caractéristiques (distance, niveau, dénivelé, …) et déterminer s’il correspond au profil du groupe. Si ce n’est pas le cas d’autres propositions sont faites et les échangent durent jusqu’à ce que les deux parties parviennent à un accord (tarifaire également). A partir de là, une première reconnaissance se fait pour être sûr que le sentier est praticable et le défricher si nécessaire, déterminer les points d’intérêts à partir desquels le discours sera construit (faune, flore, histoire, points de vue, …). S’ensuivent des recherches sur ces points si besoin et la préparation du commentaire. Deux ou trois jours avant le jour J, voire la veille, une deuxième reconnaissance du circuit se fait pour vérifier qu’il est toujours en état.

Être guide ou animateur de randonnée pédestre n’est donc pas de tout repos. C’est un métier qui requiert un minimum de force et d’endurance. Après tout, la randonnée est un sport.

Encadrer en toute sécurité, prendre la parole en public, mettre en œuvre les gestes de premiers secours, lire une carte IGN, interpréter la nature, sont quelques-unes des compétences attendues. Pour la Martinique, elles s’acquièrent dans le cadre de formations qui s’échelonnent sur trois niveaux : le brevet fédéral de randonnée, le certificat de qualification professionnel d’animateur en loisirs sportifs, option activités de randonnée de proximité et d’orientation et le diplôme d’état d’accompagnateur en Moyenne Montagne. Le niveau supérieur concerne la haute montagne, un type de relief qui n’existe pas chez nous. On distingue cependant un autre niveau mais qui ne nécessite aucune formation particulière : celui de l’animateur de base que l’on retrouve essentiellement sur des randonnées urbaines de courtes durées. Ainsi, à chaque échelon correspond un cadre spécifique d’exercice de la profession.

Trait d’union entre l’humain et le milieu naturel, le guide de randonnée, nous confie Albert, est un être privilégié en particulier sur notre île où ils ne sont pas très nombreux. Il détient un savoir-faire peu répandu grâce auquel il met les pépites de la nature à la portée du commun des mortels. C’est un pourvoyeur de merveilleux et rien ne peut rivaliser avec cela. Par ailleurs, il ne s’ennuie jamais même s’il refait un même circuit plusieurs fois : les marcheurs ne sont pas les mêmes et la nature trouve toujours le moyen de le surprendre. Pour lui, c’est l’un des plus beaux métiers au monde !

Avis aux amoureux de la nature : vous êtes plutôt sportif, vous avez le contact facile, vous chercher un métier gratifiant et passionnant avec des débouchés, une reconversion peut-être, vous aimez l’aventure, lancez-vous !
La nature a besoin de vous et nous aussi !

0 commentaires

Articles similaires

Aller au contenu principal