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Le Tourisme expérientiel

Depuis plusieurs années déjà, le secteur du voyage et des vacances voit émerger une nouvelle tendance. Les visites de musées, le farniente sur la plage ne suffisent plus à satisfaire les voyageurs en quête d’action et d’authenticité.
Ce qu’ils veulent c’est une autre façon de découvrir un pays, sa culture, son histoire, en partageant le quotidien de sa population et ses traditions, en touchant du doigt sa réalité.
Le Péyi Nord Martinique se prête parfaitement à ce nouveau type de tourisme dit expérientiel. Sa topographie faite de paysages escarpés, sa végétation luxuriante, sa nature sauvage qui ne se laisse que partiellement dompter combinées à une histoire pour le moins tragique (colonisation, esclavage, éruption volcanique, …) ont en quelque sorte façonné ce territoire ainsi que les us et coutumes de ses populations.
La difficulté du terrain a freiné l’urbanisation, la modernisation.
D’un autre côté, elle a favorisé le développement d’un mode de vie empreint d’entraide, de solidarité et de convivialité, mais aussi la transmission et la sauvegarde de traditions et savoir-faire ancestraux qui parfois n’appartiennent qu’à cette région.

C’est un fait, au Péyi Nord les occasions ne manquent pas pour celui qui souhaite s’immerger au cœur de la Martinique profonde.

Focus sur trois d’entre elles : la préparation du cochon de Noël, le coup de senne et le Lasotè.

Aux Antilles françaises, et plus précisément à la Martinique, pas de Noël sans cochon! En tout cas, en ce qui concerne le Noël traditionnel. D’ailleurs, de mémoire de Martiniquais, « antan lontan »(*) , tout le monde élevait un cochon aux abords de sa maison en vue des fêtes de la Nativité. Même si cette pratique tend à disparaître avec les changements du mode d’habitat, même si l’industrialisation prend le pas sur le fait maison, le menu du Noël martiniquais reste inchangé et dans les campagnes du Nord de l’île, certains irréductibles font perdurer la tradition dans son intégralité.

C’est un moyen de faire bonne chair sans trop dépenser puisque le cochon suffit à concocter toute la partie salée du repas : jambon, pâtés, ragoût et boudin.

Imaginez : le matin du 24 décembre, vous vous retrouvez dans une cuisine quelque part au Péyi Nord Martinique.

L’animal a déjà été sacrifié et débité et vous arrivez seul.e, en famille ou entre ami.e.s pour prêter main-forte au propriétaire qui s’affaire déjà depuis l’aube à la préparation des différents mets.

Hacher menu l’oignon, le piment végétarien, l’oignon pays, le persil, l’ail,… l’atmosphère s’emplit alors d’une senteur unique qui n’appartient qu’à la cuisine créole. Faire roussir la viande pour le ragoût. Le crépitement de la chair fraîche qui rissole vous chatouille les oreilles tandis que s’élèvent du fond du faitout des volutes parfumées qui vous mettent déjà l’eau à la bouche.

Les plus intrépides s’attaquent à la confection du boudin rouge. Les âmes sensibles s’en tiennent au boudin blanc.

Mais, pas de honte à avoir, rouge ou blanc qu’importe !

Regardez-vous, vous êtes là, au cœur de l’action, à partager étapes par étapes les secrets de fabrication de ce fameux festin de Noël dont vous avez tant entendu parler ou que vous avez peut-être eu l’occasion de déguster les années précédentes, entrain de reproduire des gestes que des générations de Martiniquais ont faits avant vous et feront encore longtemps.

Un sentiment de fierté indescriptible s’empare de vous, vous l’avez fait ! Et ce n’est pas tout, après l’effort, le réconfort : vous repartez avec de quoi réveillonner comme il se doit, à la martiniquaise!

Cette aventure bien de chez nous, un restaurateur du Péyi Nord Martinique vous invite à la partager gratuitement, tous les 24 décembre, dans l’esprit de Noël. Alors, plus besoin de l’imaginer, venez la vivre !

*autrefois

Pour plus d’infos, contactez l’Office de Tourisme Péyi Nord Martinique au 05 96 58 69 98

Silence ! ça tourne : vous séjournez dans le Nord Caraïbe et ce matin vous avez décidé de commencer votre journée par une petite balade sur le littoral peu avant le lever du soleil. Soudain, votre regard est attiré par un petit groupe d’individus avec deux canots, s’adonnant à un étrange petit manège non loin du rivage, dans les eaux calmes de la côte sous le vent.

Au départ, ils sont quatre ou cinq, un maître de senne et ses matelots qui s’apprêtent à faire un coup de senne. Une technique de pêche séculaire qui tire son nom du filet utilisé pour la pratiquer.

La veille ils ont vérifié sur le calendrier, la lune est montante. C’est de bon augure pour les coulirous. Et là, au petit matin, le plan d’eau est dégagé, il n’y a pas trop de houle mais tout de même ils « pèsent » le courant pour être sûr de pouvoir déployer la senne sans qu’elle soit emportée.

Ça y est, toutes les conditions sont réunies, le filet est jeté par-dessus bord, les plombs puis les flotteurs. Le canot qui contient la senne n’est pas motorisé, c’est l’autre qui le tracte pour étendre ce filet sur environ 50 m puis, le ramener vers la plage pour former un sac autour du banc de poissons préalablement repéré par le plongeur de l’équipe.

Entre temps, fasciné par la scène, vous vous êtes arrêté sur le sable, mais vous n’êtes pas le seul, d’autres passants autochtones et donc coutumiers de cette affaire empoignent déjà les mètres de cordes derrières les matelots tireurs pour aider à ramener le poisson à terre.

Quatre files se forment, deux de chaque côté du filet. Et dans un mouvement synchronisé d’avant en arrière, ho hisse ! On tire. Les files s’allongent avec tous ceux qui spontanément décident de prendre part à cet élan de solidarité, hommes, femmes, enfants, jeunes, plus âgés, d’ici et d’ailleurs.

Vous assistez enthousiaste à tout cela et, c’est tellement beau!

Vous alliez demander la permission de prendre quelques photos mais c’est plus fort que vous, vous ne pouvez pas vous empêcher, à votre tour, de contribuer à ce bel effort. Vous rangez vite votre appareil, vous vous faites une place dans l’une des quatre files, attrapez la corde et : « oh hisse ! »Vous tirez tous comme un seul homme!

Après plusieurs minutes de dur labeur, le sac arrive enfin sur le sable. Ce n’est pas la pêche miraculeuse toutefois, la prise reste intéressante et ce ne sont pas les pélicans qui diront le contraire ! Le gros est déversé dans le canot qui a rejoint la plage. Mais ça frétille dans tous les sens.Les habitués dégainent alors le petit seau solidement attaché à leur taille pendant l’effort et aident maintenant à ramasser les petits malins qui essaieraient de s’échapper. Les autres font de même en décrochant les poissons coincés dans les mailles du filet.

La totalité récupérée, c’est l’heure du partage. La moitié pour le maître de senne, un panier à distribuer aux généreux participants et le reste à répartir entre les matelots.

Les petits seaux refont alors leur apparition mais cette fois pour recevoir la récompense. Personne ne repart les mains vides. Pour terminer, on enroule les cordes, on remet la senne en place et voilà ! Il ne vous reste plus qu’à trouver avec quoi accompagner ce délicieux poisson fraîchement pêché en partie par vous-même !

La bonne nouvelle c’est que ce n’est pas un film. Ce scénario est bel et bien réel et se produit régulièrement sur la côte ouest du Péyi Nord Martinique.

Si vous n’êtes pas du matin vous pourrez opter pour un « dézè », ces coups de senne de l’après-midi. Le mieux c’est de vous renseigner auprès des pêcheurs pour savoir où et quand. Certaines associations de la région organisent aussi des coups de senne.

La tentation est grande. Celle de traduire le terme créole lasotè littéralement par l’assaut de la terre.

Même s’il a une composante de cette nature à savoir le labour de la terre en commun au son de la musique et des chants, il renferme bien plus.

Le lasotè est une histoire de résistance. C’est la parfaite illustration de la coutume qui émerge comme une conséquence de l’histoire et de la géographie d’un lieu.

Initiée par les esclaves marrons dans les mornes de la côte Nord Caraïbe et sur les flancs des pitons et du volcan, cette façon de concevoir la vie, d’organiser la société pour faire face aux difficultés s’est ensuite développée après l’abolition de l’esclavage avec les hommes de couleur, quand il leur a été permis d’acquérir la terre.

Il faut dire que l’exploitation des terrains qui leur étaient vendus était compliquée étant donné qu’ils étaient localisés dans les zones les plus abruptes et difficiles d’accès.

Pour contrecarrer cet état de fait, ils ont dû s’adapter et mettre en place un nouveau mode de vie où le mot d’ordre était la solidarité en toute circonstance.

Pour le travail, plusieurs familles appelées « lakou » ayant des liens de parenté mais aussi d’amitié s’associaient et formaient une « sosiété lasotè ». On parle d’une vingtaine d’hommes ayant l’habitude de s’entraider que ce soit en cas de coup dur, pour la fabrication de farine de manioc, la construction, le travail de la terre,etc.

Le terme lasotè désigne en particulier le « coup de main » pour le travail de la terre, mais c’est aussi la musique qui l’accompagne au son des ti-bwa, tambours, chants et conques de lambis. Le granson, la mazonn et lariviè léza en sont les trois rythmes, chacun correspondant à une activité spécifique (labour, sillonnage ou autres petits travaux).

Cette pratique en voie de disparition a été relancée il y a une quinzaine d’année par une association du même nom, l’association Lasotè créée notamment dans ce but en s’appuyant sur les témoignages des anciens et en travaillant de concert avec des survivants qui s’en sont sorti grâce à ce bel esprit communautaire. Depuis sa création, elle se fait un devoir de faire découvrir ce patrimoine rural aux clubs de 3ème âge, aux scolaires, etc.

En effet, quoi de mieux pour saisir vraiment la substance du lasotè, que d’en faire l’expérience?

Les musiciens sont en place. Il n’y a plus qu’à s’insérer dans la file de bourè (travailleurs) chapeau bakoua vissé sur la tête et au rythme du tambour « son » empoigner, lever et abattre la houe pour dégrossir cette terre fine et légère typique du Nord Caraïbe et qui doit sa texture aux cendres de la Pelée.

Au début, le chant du kriyè qui se fait l’écho des commérages du moment fait sourire. L’habileté du maître bourè qui se fait remarquer et le talent du maître tambouyé « Lasotè » impressionnent. Mais, à force de répéter ce geste de labour en musique, en harmonie avec les autres bourè, encore et encore, il se passe quelque chose. Comme une énergie qui circule et passe de bourè en bourè. Et puis, c’est étrange, la fatigue se fait ressentir et pourtant impossible de s’arrêter. On en a besoin mais pas envie. La terre en redemande et on ne sait comment lui dire non. On ne s’en est pas rendu compte mais, on est en transe. L’osmose entre les hommes et la nature est parfaite et le vieil adage qui dit que l’union fait la force prend tout son sens.

Vivre un tel instant à une époque où l’individualisme tend à devenir la norme, est un cadeau. La connexion avec la terre recharge les batteries et cela rassure de savoir que des valeurs humaines subsistent encore. C’est pourquoi les préserver est si important. L’office de tourisme du Péyi Nord Martinique et l’association Lasotè s’accordent sur ce point et conjuguent leurs efforts pour que bientôt, cette expérience unique, presque hors du temps soit à la portée d’un plus large public.

Vous qui êtes adeptes d’authenticité et d’émotion, ces trois exemples prouvent bien que notre Péyi Nord Martinique est votre destination par nature et l’office de tourisme de ce territoire met tout en œuvre pour que l’aventure soit inoubliable.

Alors, soyez les bienvenus !

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