À l’occasion du Mai de Saint-Pierre, la Rando Kréyol du 3 mai a proposé une immersion dans la mémoire de la ville. Entre marche, langue créole et dégustation locale, les participants ont découvert Saint-Pierre, à travers quinze points d’intérêt.

La Maison de la Bourse, mémoire du commerce pierrotin
Point de départ de la randonnée, la Maison de la Bourse rappelle le rôle central de Saint-Pierre dans les échanges commerciaux. Située sur la place Bertin, elle était un lieu d’enregistrement des transactions. Sucre, rhum, café, cacao : une grande partie des marchandises consommées ou exportées à l’époque transitait par la ville, alors surnommée le Petit Paris des Antilles.
La cathédrale, symbole de destructions et de renaissances
Autre étape forte : la co-cathédrale Notre-Dame-de-l’Assomption, récemment rénovée et rouverte en avril 2024. Son histoire épouse celle de Saint-Pierre. D’abord simple chapelle construite en 1654, elle est détruite en 1667 lors d’un bombardement britannique, reconstruite en 1684, puis devient co-cathédrale en 1853 avec l’arrivée du premier évêque, Monseigneur Le Herpeur. Dévastée par l’éruption de 1902, elle renaît peu à peu. Inscrite au titre des monuments historiques en 1995, elle demeure un repère majeur du patrimoine pierrotin.

La place de l’Aurélie, trace de l’engagisme indien
La place de l’Aurélie a permis d’évoquer une autre mémoire : celle de l’arrivée des premiers engagés indiens en Martinique. Le 6 mai 1853, 313 Indiens débarquent à Saint-Pierre à bord du navire L’Aurélie. L’esclavage aboli, ils sont envoyés travailler sur les habitations, notamment sur la côte nord-atlantique. Une histoire complexe, marquée par des promesses de contrats pas toujours tenues, des conditions de vie difficiles et une intégration progressive dans la société martiniquaise.
Maché, matché, manjé : trois temps pour vivre le patrimoine
La Rando Kréyol s’est construite en trois temps. D’abord maché, avec 2h30 de randonnée urbaine commentée. Puis matché, un atelier d’écriture créole, autour de mots et de questions liés à la visite. Enfin, manjé, moment convivial autour d’une collation à base de produits locaux. Une trentaine de participants, accompagnés par l’équipe de l’Office, ont ainsi partagé une matinée où Histoire, langue et saveurs ont dialogué au rythme de Saint-Pierre.
Marie Ozier-Lafontaine

