À Sainte-Marie, l’Habitation La Salle ne se contente pas de raconter l’histoire sucrière de la Martinique. Elle ouvre une traversée plus large, des premiers peuplements amérindiens aux savoir-faire techniques de l’époque coloniale.
Un site ancien
Avant de devenir une habitation, La Salle fut d’abord un site amérindien majeur. Occupé dès 180 apr. J.-C., successivement par les Arawaks puis les Kalinagos, il constitue l’un des plus importants gisements précolombiens de Martinique. Dans les années 1940, plus d’un millier de céramiques, outils et objets rituels y sont découverts. Ces pièces, aujourd’hui conservées dans de grandes collections, comme celle du Musée de l’ Homme, rappellent que ce lieu fut habité bien avant l’arrivée des colons.

Une habitation-sucrerie préservée
À partir des années 1690, le site bascule dans l’économie de plantation et devient une habitation-sucrerie. Rachetée en 1786 par Jacques Guillaume Seguin de La Salle, elle prend alors le nom qu’on lui connaît aujourd’hui. Son intérêt tient aujourd’hui à la conservation et la restauration d’un ensemble technique rare : une roue hydraulique, un réseau de canaux permettant d’actionner les machines, une purgerie où se cristallisait le sucre, une étuve de séchage et cinq chaudières en cuivre propres au système du Père Labat, servant à concentrer le vesou par évaporations successives.
Un conservatoire unique
Après des décennies de fermeture, l’Habitation La Salle rouvre au public en 2020, à la suite d’un important travail de restauration. Le site devient alors un véritable conservatoire du patrimoine sucrier, rare à l’échelle caribéenne.

Merci à Mélody Moutamalle, médiatrice historique et culturelle, pour son éclairage précieux sur l’histoire de cette habitation.
Marie Ozier-Lafontaine

